
C’est en 1989 que s’installe la première mission franciscaine des frères mineurs conventuels au Pérou, et notamment à Pariacoto.
Les trois jeunes prêtres franciscains de cette fraternité étaient Frère Jarek Wysoczanski, Frère Michal (Miguel) Tomaszek et Frère Zbigniew Strzalkowski, de la Province religieuse de Cracovie.
Après seulement deux ans d’une intense activité, le 9 août 1991, un groupe de terroristes du Sentier lumineux enleva et tua le frère Miguel et le frère Zbigniew. Ils n’avaient que 31 et 33 ans. Le troisième frère fut sauf car il venait à peine de partir pour la Pologne afin d’y célébrer le mariage de sa sœur.
L’œuvre d’évangélisation entamée par les deux martyrs n’a pas disparu avec eux comme le souhaitaient les guérilleros maoïstes. D’autres frères ont pris la place de leurs confrères assassinés en s’engageant dans la pastorale, l’annonce de Jésus et dans le développement de forme d’aide à la population.
LE RETOUR DU PÈRE JAREK
Après vingt ans du massacre de ses compagnons, le père Jarek – secrétaire général en charge de l’animation missionnaire de l’ordre des Conventuels – est retourné à Pariacoto pour accompagner la délégation de la Caritas Saint-Antoine.
Ce n’est pas la première fois qu’il revient au Pérou mais, cette fois-ci, les souvenirs sont encore plus forts. En effet, la date de cette visite à Pariacoto n’a pas été choisie au hasard.
Nous sommes au mois d’août, vingt ans ont passé depuis l’été fatal de 1991.
« J’entends encore en moi – confie le frère polonais – les questions de l’époque, même si c’est avec une intensité différente : pourquoi Dieu m’a-t-il épargné ?
Qu’attend-il de moi ?
Quel chemin dois-je suivre ? »
Une réponse définitive n’existe peut-être pas. Mais celui qui observe le frère Jarek et son style de vie comprend qu’il ne s’agit pas de questions angoissantes mais, au contraire, qui libèrent.
Elles lui ont inspiré des choix d’assistance et de proximité à l’égard des pauvres, sur un chemin ouvert à l’espoir et à la charité, avec le sourire aux lèvres.
Pour en avoir confirmation, il suffit de voir comment les habitants de Pariacoto accueillent leur vieil ami qui est revenu leur rendre visite. Dans les regards se lisent l’estime, la joie et l’affinité qui renaît après tant d’années.
Les yeux du frère Jarek brillent à la seule pensée du bien qui sera fait grâce à ce nouveau centre. À travers ce projet, il voit se réaliser l’un des rêves qu’il partageait avec ses compagnons martyrs.
Aujourd’hui, 20 ans plus tard, ce désir peut finalement devenir une base solide pour l’avenir.
« Notre souhait, explique-t-il, a toujours été de servir les plus pauvres.
Ce centre deviendra un point de référence pour tous les habitants du territoire de la mission, qui comprend 5 paroisses avec 72 petites communautés sur les hauteurs, jusqu’à plus de 4 000 m d’altitude, pour une extension de plus de 1 000 km.
Permettre aux enfants dans le besoin d’être accueillis et instruits signifie leur donner une opportunité importante pour un avenir meilleur. »